Peter Henri STEIN français, 1947
Ce sont des tirages argentiques, tirés à la main par mes soins selon les méthodes traditionnelles, sur papier baryté. Les tirages sont contrecollés sur aluminium Dibond, ce qui assure leur rigidité. Vient ensuite une intervention graphique sur l’image, une écriture au marqueur, partiellement effacée : le texte n’est pas fait pour être lu mais pour signifier. Enfin, je termine à l’aérographe, en projetant de la peinture acrylique noir d’ivoire pour enfouir les lettres et renforcer l’image.
Les tirages sont présentés dans des cadres en bois noir. Ils peuvent être présentés individuellement ou en polyptyques.
Tous les tirages sont uniques : l’œuvre ne peut être qu’unique.
Mon travail fait toujours référence à l’histoire de l’art, à la poésie, à la littérature.
Les croix qui apparaissent parfois dans l’image ne sont pas des croix christiques (les branches de la croix sont égales), mais un hommage à Tapiés, peintre abstrait qui parsème ses œuvres de croix et de lettres qui m’ont toujours fasciné.
Référence à la poésie : le poème de Jean Noel Vuarnet, « Where are the ladies of yesteryear ». Cette poésie est un hommage à toutes celles qui furent, ces folles de Dieu, ces mystiques en quête d’amour absolu qui exigeaient que le corps soit atteint, affligé, disloqué, presque anéanti, où la souffrance n’était plus crainte mais espérée, où la souffrance à l’imitation du Christ devenait nécessaire pour atteindre l’amant divin. Le délire de la mystique est un délire d’union avec le Christ. Hadewijch : « bouche à bouche, cœur à cœur, corps à corps. Il s’avança vers moi, me prit dans ses bras et me serra contre lui. »
La révélation du divin advient là où tout s’effondre. Dans l’extase, perte de soi par la rupture du corps et de l’esprit, dans cet effondrement surgit la jouissance, jouissance spirituelle, mais aussi corporelle : « douleur spirituelle, non corporelle bien que le corps y ait grande part » (Thérèse d’Avila). Paradoxe de la mystique qui, interdite de toute sexualité avec les hommes, jouit dans son corps d’un plaisir supérieur à toute jouissance féminine : puissance de l’esprit sur la matière.
Ces femmes ont la démesure pour mesure, et l’artiste ne peut en rendre compte qu’en allant lui aussi jusqu’à l’excès. Ce ne sont pas de vulgaires photos de nu ; je ne photographie pas le corps, mais le trouble qui l’agite. Mes modèles, ou plutôt mes complices (elles ne posent plus, elles performent, avec force, allant au bout d’elles-mêmes et même au-delà) ne sont plus choisies selon des critères esthétiques, mais pour cette seule possibilité de mise en abyme. Elles n’ont plus d’âge, donc tous les âges, elles ont tous les corps. Et vous aurez peut-être remarqué que les œuvres sont signées Stein mais aussi Lili, Pulchérie, Lola ... en toute complicité.
Ce n’est pas la réalité que nous appréhendons, mais une vue de l’esprit.
Hanté par les expériences fulgurantes d’Artaud, de Genet, de Bataille, je crée avec l’espoir de « créer des œuvres aussi poignantes que des crucifixions » (Bacon), en espérant pouvoir dire comme le poète « J’ai aimé des femmes qui n’existent pas et dont les caresses me hantent encore » (Jean-Noel Vuarnet).
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Transcendance I -
Transcendance II -
Transcendance III -
Transcendance IV -
Transcendance IX -
Transcendance V -
Transcendance VI -
Transcendance VII -
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Transcendance XII -
Transcendance XIII -
Transcendance XIV -
Transcendance XV -
Transcendance XVI -
Transcendance XXI -
Transcendance XXII

